Lourmarin, 2026 une année décisive
2025 a été marquée par le grand succès de notre exposition participative « Eau, où es-tu ? » lors des Journées du Patrimoine et la conférence « La ressource en eau à Lourmarin : mieux la comprendre pour préparer l’avenir » animée par l’hydrogéologue Rémy Valois.
L’objectif de notre association, validé lors de notre Assemblée Générale, de préservation des ressources naturelles du village, l’eau, les terres agricoles et bien sûr de la beauté des paysages, nous a conduit à nous positionner clairement contre le projet d’extension de l’hôtel du Galinier via un recours contentieux.
2026 sera une année charnière, la campagne pour les élections municipales bat son plein, avec comme vous le savez, trois listes qui concourent. La programme de l’équipe sortante défend son bilan et persiste avec le sillon creusé depuis six ans.
Sur le site de campagne, il est affirmé que Lourmarin ne souffre pas de sur tourisme car selon l’équipe sortante « Le surtourisme est un phénomène où des destinations sont tellement fréquentées que cela devient désagréable pour les locaux et pour les touristes. Cela entraîne souvent une congestion, une dégradation de l’environnement, et même une perte d’authenticité culturelle. Ce n’est pas le cas de Lourmarin. » (sic). Nous n’avons pas la même lecture de la situation…
Pour pallier les problèmes de gestion des flux, l’équipe de Jean-Pierre Pettavino propose une « aire de stationnement végétalisé qui verra le jour au début de la route d’Apt. Nous avons lancé une DUP (Déclaration d'Utilité Publique) qui suit son cours. Il s’agit d’un projet majeur de notre programme. Cette aire de stationnement est conçue comme un « parking intelligent », qui proposera de multiples services : toilettes, bornes électriques, vidéo surveillance, emplacements pour les campings cars et casiers pour venir retirer ses colis et éviter les livraisons dans le village. Il pourrait générer un revenu important pour la commune, et commerçants comme habitants auraient un accès privilégié, qui reste à définir. Ce parking est éco-conçu et ses 14 000 m2 végétalisés pourraient accueillir entre 350 et 400 places, enherbées et ombragées ».
Ce projet sera s’il est réalisé une sorte de camping bis à part entière, véritable appel d’air à encore et toujours plus de véhicules sur la commune.
Nous continuerons notre combat contre ces projets d’infrastructures qui risquent de dénaturer définitivement Lourmarin pour le transformer en village-vacances s’ils étaient construits.
Vivre à Lourmarin soutien un projet de liste dans lequel le courage d’agir contre la facilité du « toujours plus » est au cœur du programme ! Le courage d’agir pour défendre une vision équilibrée d’un village qui doit demeurer un village du Luberon avec sa culture et sa communauté d’habitants et non un lieu standardisé qui répond aux canons d’une culture mondiale standardisée.
Récapitulatif du dossier Galinier :
Lors du conseil municipal du 23 juin 2025, la mairie a voté la Révision Allégée du PLU permettant le reclassement d’un ensemble foncier plus de 2 hectares de zone agricole en une zone exclusivement dédiée à une activité hôtelière, et ce :
-
Malgré la mobilisation importante de nombreux lourmarinois et un avis défavorable du Commissaire Enquêteur à l'issue de l'enquête publique de 2022 ;
-
Malgré le fait que le P.L.U. de Lourmarin prohibe expressément toute urbanisation dans le secteur du Galinier en affirmant « Assurer la protection des espaces agricoles présentant un fort enjeu écologique et/ou paysager, notamment en bordure du massif du Luberon et à proximité du village » ;
-
Malgré les injonctions répétées des services de l’État concernant la mise aux normes et la régularisation de l’autorisation d’utilisation de l’eau potable du forage F2.
Quatre objectifs fondamentaux consacrés par le droit national et les engagements internationaux pris par la France sont également bafoués :
1) La lutte contre l'artificialisation des sols
Situé en lisière du village, hors de toute zone de densification, ce projet consomme un foncier agricole de qualité sans répondre à un projet d'intérêt général clairement démontré. Il est exclusivement porté par un acteur privé et ne relève d'aucune programmation communale, intercommunale ou régionale. Il ne s'appuie sur aucun diagnostic territorial, ne comporte aucune étude d'impact socio-économique. De plus il ne démontre pas en quoi il répond à une carence ou à un déficit identifié dans l'offre d’hébergement touristique de Lourmarin ou de son bassin de vie.
2) La protection stricte des zones agricoles
« Éviter, réduire, compenser » est devenu le principe de toute opération susceptible de consommer de l’espace agricole. Il impose d’écarter en priorité « toute artificialisation évitable », de limiter strictement celle qui serait démontrée comme « nécessaire » et de mettre en place des mesures compensatoires effectives lorsque les atteintes subsistent.
3) La sauvegarde de la biodiversité ordinaire et remarquable
Le projet du Galinier longe le ravin d'Aguye, affluent direct de l'Aigue Brun, identifié comme corridor à préserver. Or le projet n’identifie aucun enjeu sur la continuité écologique notamment sur les pressions en termes de pollution. Aucun état initial de la biodiversité du site n’a été réalisé avec une absence totale d’inventaire faunistique et floristique, de caractérisation des habitats naturels, ou d’identification des espèces sensibles ou protégées.
4) L’obligation de limitation de l’étalement urbain
Le Document d’Orientations et d’Objectifs du SCOT enjoint les communes à respecter la « forme urbaine traditionnelle », à éviter tout étalement et à privilégier les formes compactes d’urbanisation. Les extensions urbaines, lorsqu’elles sont admises doivent rester limitées, justifiées et strictement encadrées. Or le projet ne fait l’objet d’aucune étude d’insertion urbaine et ne s’appuie sur aucun plan masse montrant une relation avec le centre du village.
Pour toutes ces raisons, VAL a décidé de former un recours gracieux en août dernier, demande rejetée par courrier en octobre. Le Conseil d’Administration a décidé à l’unanimité la poursuite de l’action. L’Association Luberon Nature, la Fédération France Nature Environnement et trois lourmarinois se sont associés. Le recours contentieux a été déposé le 22 décembre 2025 et nous sommes aujourd’hui dans l’attente du retour de la commune.
Nous avons besoin pour mener à bien ces combats pour notre village de votre soutien en 2026, comme vous l’avez fait en 2025 en nous accordant votre confiance.
